Hunawihr

Publié le par Hélène2.3


Comme promis il y a quelques jours déjà, je vous emmène aujourd'hui à Hunawihr !

Quand on suit la route des coteaux qui passe par Ribeauvillé pour aller vers Kaysersberg nottament, on ralentit toujours à la petite route qui part sur la droite vers Hunawihr car, juste après, il y a le parc aux cigognes et ces charmants volatiles ont presque toujours l'amabilité de se faire admirer au bord de la route... En bon touriste, on sait que là se trouve la serre aux papillons mais on n'a pas toujours la curiosité de "pousser" jusqu'au village. Et c'est ce que nous avons fait l'année dernière : nous avons regardé le village de loin mais cette année, nous y sommes allés ! Et bien nous en prit...



Une brume légère donnait à l'église, sur son promontoire, des allures de carte postale...
Nous nous sommes arrêtés au pied de la colline, vers le lavoir, sur la gauche de la route.






Puis nous avons gravi la colline et nous sommes allés visiter l'église. Intérieur d'église inattendu : une nef sombre, austère (grès rose, murs blanc et bancs de bois sombres) mais un choeur tout doré, de la luminosité intense et colorée que donnent des vitraux. Le contraste est saisissant !

Cela nous a intrigué, bien sûr...
Renseignements pris, c'est une église où se pratique le simultaneum. Vous ne savez pas ce que c'est ? A moins d'être alsacienne bien sûr...

Je vous explique : faisons un peu d'histoire !

L'Edit de Nantes (1598) essaie de réconcilier les catholiques et les protestants. Il leur donne la liberté de choisir individuellement une religion autre que celle du souverain. A cette époque, l'Alsace, dans le Saint Empire Romain Germanique, a échappé aux guerres de religion ; la Réforme de Luther s'y est introduite sans trop de heurts ! On peut aller jusqu'à dire qu'un certain œcuménisme était pratiqué en Alsace.

"Au XVIe siècle, une géographie religieuse se dessina en Alsace : villes et villages protestants, villes et villages catholiques. Des cas existaient toutefois où, dans certains villages, les deux confessions se disputaient l'église. Le simultaneum apparaîtra alors comme solution à ces conflits dans un climat de compromis et concession. En somme, la cohabitation de plusieurs confessions sur un même territoire était devenue un fait en Alsace considérant également le judaïsme.

Or, les diverses politiques qui se sont succédées sur la terre alsacienne n'ont pas toujours été en faveur de cet œcuménisme. C'est le cas de Louis XIV qui, poursuivant son objectif d'une reconquête catholique, abrogea en France l'Edit de Nantes (1685). Or l'Edit de Nantes n'a jamais été promulgué en Alsace, à présent annexée à la France. De plus, un tiers de la population en Alsace était de confession protestante. Sur les conseils de son ministre Louvois, le simultaneum devint stratégiquement une tactique à instaurer dans tous les villages alsaciens protestants où résidaient au moins 7 familles catholiques. Le chœur de l'église devait être alors attribué au culte catholique et la nef aux protestants. Le système fut source de nombreux conflits dans les villages. Les articles organiques de 1802 en prévoyaient la suppression (art.46) pour mettre fin aux scandales et aux rixes. Mais comme il en existait plus de 150 (la plupart dans le Bas-Rhin), l'État renonça à l'application de cette loi car, d'un point de vue pratique, détruire une église mixte supposait construire deux lieux de culte. l'État refusa la prise en charge des constructions et s'en remit donc aux Églises pour solutionner les problèmes. C'est seulement à la fin du siècle dernier que naquirent, en de nombreux endroits, de nouvelles églises le plus souvent paroissiales. Des villages à deux clochers apparaissaient alors dans le paysage alsacien avec la recherche de l'indépendance cultuelle et l'accroissement démographique. Une cinquantaine d'églises en Alsace sont encore simultanées de nos jours (le plus souvent, le régime est dit encore simultaneum en raison d'un culte catholique occasionnel, un par semaine voire un toutes les deux semaines). "


Si vous voulez plus de précisions, allez donc voir
LA, vous verrez que je leur ai emprunté tout le texte en italique dans cet article...


Nous avons fait un tour dans le cimetière d'où on a, ma foi, une bien belle vue sur le village... On est passé devant l'école (Ca m'aurait bien dit de travailler là...)
Je vous ai mis les deux photos pour que ceux qui ne sont jamais venus en Alsace voient comme la lumière et donc la couleur des paysage peut changer d'une minute à l'autre.

En repartant nous avons repéré une petite auberge juste en dessous de l'église : chez Suzel.
Nous y sommes retournés, avec fiston, pour y déjeuner la veille du départ. C'est vraiment très sympathique : pas prétentieux du tout, mais une cuisine de famille délicieuse. On mange sous la chappe sur des salons de jardin quand il fait beau ou même quand il bruine ce qui était le cas pour nous...

J'ai pris une choucroute tandis que DH choisissait du cervelas à la choucroute grillée. Fiston, quant à lui, se régalait de fleishnaka (Je ne garantie pas l'orthographe...) un mélange de viande hâchée roulée dans une pâte style lasagne mais en plus souple... En tout cas, nous nous sommes bien régalés... Sur la gauche de la photo ci-dessous, vous pouvez voir la chappe dont je vous parlais plus haut.


Prochains articles : je vous parlerai de mes grosses dépenses de ce voyage en Alsace. J'ai un peu/beaucoup craqué au magasin du Jacquard Français à Gerarmer

Publié dans Voyages

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Commenter cet article

Michelle du Gard 02/09/2009 15:10

Merci pour ce périple en Alsace que je connais assez bien vu que ma grand mère était  d'origine alsacienne et que j'y suis allée plusieurs notamment en 2003 et 2004.Amitiés Michelle du Gard une copine de Mari-Claude!et ancienne marcellinoise.

cocoperlette 02/09/2009 12:57

C'est sûr j'irais y faire un tour lors de mon prochain séjourBises

vinsareva 02/09/2009 10:27

Très joli village en effet. :)